Le lexique
Les concepts qui reviennent partout sur ce site, définis en quelques lignes. Chaque entrée dit d’abord ce que le terme signifie, ensuite pourquoi il compte, et renvoie au pilier où il est traité en détail. Sans jargon de vendeur, et en disant quand une notion est un cadre de lecture plutôt qu’un résultat mesuré.
- Marchés inélastiquesHypothèse selon laquelle le marché actions n'absorbe pas les flux sans que les prix bougent : la demande est peu sensible au prix. Xavier Gabaix et Ralph Koijen estiment qu'un dollar investi augmente la valeur agrégée du marché d'environ cinq dollars, très loin de la neutralité que suppose la théorie classique.
- Impact de marchéDéplacement de prix causé par un ordre lui-même, indépendamment de toute information nouvelle. Un achat consomme les offres de vente aux meilleurs prix ; les suivantes sont plus chères. Une partie du déplacement se résorbe une fois l'ordre terminé, une autre reste durablement incorporée au prix.
- Dérivée secondeEn lecture de marché, l'accélération ou le ralentissement d'une variable par rapport à ce qui était anticipé, par opposition à son niveau. Les prix intègrent déjà le connu : seule la surprise les déplace. C'est pourquoi une mauvaise nouvelle moins mauvaise que prévu fait monter les cours.
- LiquiditéCapacité d'un marché à absorber un ordre sans que le prix bouge beaucoup. Elle se mesure à la profondeur du carnet, à l'écart entre acheteurs et vendeurs, et à la vitesse de reconstitution après une transaction. Une liquidité abondante amortit les flux ; une liquidité mince les transforme en mouvements de prix.
- MomentumTendance d'un actif dont le prix a monté à continuer de monter à horizon de quelques mois, et inversement. C'est l'une des régularités les mieux documentées de la finance empirique, et elle coexiste avec son apparente contradiction, le retour à la moyenne, qui opère à un horizon plus long.
- Retour à la moyenneTendance d'une grandeur financière à revenir vers sa valeur moyenne de long terme après s'en être écartée. Sur les marchés actions, la relation entre valorisation d'entrée et rendement des dix années suivantes en est l'illustration la plus documentée : un actif cher a une espérance de rendement basse.
- Prime de risqueRendement supplémentaire qu'un investisseur exige pour détenir un actif risqué plutôt qu'un placement sans risque. Ce n'est pas un rendement promis mais une compensation espérée, et elle n'est jamais observable directement : on ne l'estime qu'à partir de la valorisation d'entrée et d'hypothèses explicites.
- CAPE (PER de Shiller)Rapport entre le prix d'un indice et la moyenne de ses bénéfices sur dix ans, corrigée de l'inflation. En lissant le cycle, il évite de faire paraître un marché bon marché au sommet d'un pic de bénéfices. Il sert à estimer une espérance de rendement à long terme, jamais à prévoir une année.
- Attribution de performanceMéthode consistant à décomposer un rendement pour savoir d'où il vient : exposition au marché, style, flux entrants, valorisation de départ, régime traversé, frais prélevés. Elle répond à la seule question qui compte devant un historique : ce résultat vient-il du talent ou du vent ?
- Érosion des fraisEffet cumulé des frais annuels sur un patrimoine, par composition. Un point de frais ne coûte pas un point : il coûte ce point, plus tout le rendement que ce point aurait produit les années suivantes. Sur trois décennies, l'écart final dépasse largement l'intuition arithmétique.
- RééquilibrageOpération consistant à ramener périodiquement un portefeuille à son allocation cible, en allégeant ce qui a monté et en renforçant ce qui a baissé. Son intérêt principal n'est pas le rendement supplémentaire, incertain, mais le contrôle du risque : sans lui, un portefeuille dérive vers l'actif le plus performant.
- Allocation par les risquesApproche consistant à répartir un portefeuille selon la contribution de chaque poche au risque total, et non selon les montants investis. Un portefeuille réparti à parts égales en euros peut concentrer l'essentiel de son risque sur une seule ligne, ce que la répartition comptable masque entièrement.
- Quadrants inflation-croissanceGrille de lecture macroéconomique classant l'environnement selon deux axes, l'inflation et la croissance, chacun regardé en accélération plutôt qu'en niveau. Quatre combinaisons en résultent, et les classes d'actifs ne s'y comportent pas de la même façon. C'est un cadre d'organisation, pas un instrument de prévision.
- Behavior gapÉcart mesuré entre le rendement affiché par un fonds et le rendement réellement obtenu par ses porteurs. Il provient des dates d'entrée et de sortie : on souscrit après la hausse et on vend après la baisse. C'est le coût de la psychologie non gérée, et il est récurrent.
- Tracking error regretInconfort éprouvé par un investisseur dont le portefeuille progresse moins vite que l'indice ou que son entourage, même lorsqu'il gagne de l'argent. C'est la principale cause d'abandon d'une allocation contrariante, et elle opère indépendamment de la qualité du raisonnement initial.