Le coût de la jachère
Deux épargnants versent la même somme, chaque mois, pendant la même durée. L’un a pris quelques décisions à froid et s’y est tenu ; l’autre a laissé courir. À hypothèses par défaut — 300 € par mois pendant trente-cinq ans, six pour cent contre quatre — l’écart final dépasse un tiers du capital. Ce n’est pas le rendement qui fait cette différence : c’est sa composition.
Le coût de la jachère
Pour 300 € versés chaque mois pendant 35 ans, en partant de 5 000 €, 2,0 points d’écart de rendement annuel aboutissent à 468 031 € d’un côté contre 294 348 € de l’autre — soit 173 683 € de différence, 37,1 % du capital final. Le total effectivement versé est de 131 000 € dans les deux cas.
Hypothèses : capitalisation mensuelle, versement constant en fin de mois, rendements constants. Ni inflation, ni fiscalité, ni frais au-delà de ce que vous intégrez dans les taux saisis. C’est un ordre de grandeur, pas une projection patrimoniale. Le calcul s’exécute dans votre navigateur — aucun montant n’est transmis.
Pourquoi l’écart se creuse au lieu de rester proportionnel
Deux points de rendement, c’est un tiers de plus qu’à quatre pour cent : on s’attend intuitivement à un tiers de capital en plus. L’intuition est fausse, et elle est fausse dans un sens qui coûte cher. Chaque euro de rendement non perçu est un euro qui ne produit pas de rendement l’année suivante — le manque à gagner se compose exactement comme le gain. Sur cinq ans, l’écart reste discret ; sur trente-cinq, il change l’ordre de grandeur du résultat.
C’est la raison pour laquelle ce site parle de mécaniques plutôt que de produits. Le levier est minuscule — quelques décisions, prises une fois, tenues ensuite — et le résultat est colossal. [Mesuré] Ce calcul-là ne repose sur aucune hypothèse de marché : c’est de l’arithmétique.
D’où viennent ces deux points, concrètement
Le calculateur ne dit pas comment on les gagne — il dit ce qu’ils valent. Dans la pratique, l’écart entre une gestion pensée et un patrimoine en jachère se constitue de quelques postes bien identifiés, dont aucun ne demande de battre le marché :
- Les frais. Un point de frais annuels se retranche directement du rendement, chaque année, quoi qu’il arrive.
- L’allocation. La part du patrimoine réellement exposée au risque qu’on peut se permettre de porter, compte tenu de son horizon — c’est le poste le plus lourd, et le moins regardé.
- Les entrées et sorties au mauvais moment. L’écart mesuré entre ce que rapportent les fonds et ce que gagnent réellement leurs porteurs.
- La fiscalité subie plutôt que choisie. Non pas comme critère de sélection — un mauvais actif défiscalisé reste un mauvais actif — mais comme frottement qu’on peut réduire à structure donnée.
Ce que ce calcul ne dit pas
Il ne dit pas que deux points de rendement supplémentaires sont à portée de main : c’est une hypothèse que vous saisissez, pas un résultat que nous promettons. Il ne modélise ni l’inflation — le capital final est en euros d’aujourd’hui, et trente-cinq ans d’inflation en réduiraient sensiblement le pouvoir d’achat — ni la fiscalité, ni la variabilité réelle des marchés : un rendement constant est une commodité de calcul, pas une description. La séquence des rendements compte, en particulier près de l’échéance.
Ce qu’il dit, et qui suffit : à écart de rendement donné, la durée fait l’essentiel du travail. Et la durée est la seule variable de cette équation qui ne se rattrape pas.
→ La méthode qui sous-tend ce calcul · → Pourquoi les prix bougent